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vendredi 18 septembre 2015

Fermer la boutique?


Comme je l'ai souvent répété, rabâché, radoté... ce blog a été un exutoire. 
Parler littérature parce que c'est ma passion.
Et puis parler de moi. Aussi. Beaucoup. Trop?
Je le suis défoulée, je me suis jetée en pâture ici. Parce que j'en avais tout simplement besoin.
Et je crois que cette pseudo-psychanalyse virtuelle m'a aidée.

Et aujourd'hui, je vais mieux (comme dirait le livre de David Foenkinos)

Grâce à ce blog, c'est certain. Grâce à mes collègues, c'est incontestable.

J'ai trouvé en leur présence une sorte d'apaisement, de réconfort et visiblement ce blog me semble désormais obsolète.

Je suis enfin de retour... 

L'an passé, je restais froide et mettais pas mal de distance. Je faisais mes cours, je partais, je rasais les murs et fuyais tout le temps. J'allais au boulot avec une lourdeur monstrueuse. Je m'étais enfermée dans un mutisme et une inertie incroyables. Devant les élèves, je pensais parfois "jeunes gens, je n'ai pas envie de me trouver devant vous; et je voudrais tout faire sauf assurer un cours". Il a fallu beaucoup de temps pour que je reprenne mes marques (deux trimestres et demi quand même).

Depuis cette rentrée, je me sens bien. Je suis totalement libérée de ce poids qui m'empêchait d'être épanouie. J'ai toujours eu peur que mes collègues me détestent (je l'ai longtemps cru aussi) et j'ai compris que non. Personne ne me haïssait dans ce lycée (enfin, je crois). Comme je suis complexe et angoissée, la rentrée a engendré une autre panique: et s'ils ne m'aimaient plus? Au vu de leur attitude envers moi, je ne crois pas trop en leur désamour mais bon, on ne sait jamais. Je sais que je suis toujours sur la tangente avec cette angoisse qui me tenaille.... 
Cette maudite peur d'être "remplacée". 

C'est affreux ce que je vais dire. Est-ce que je le dis? Est-ce que je le tais? Soyons honnête, Mademoiselle A, jusqu'au bout... Extériorisons!!!!

Quand je suis arrivée le jour de la prérentrée, j'ai vu quelques nouvelles têtes. La première chose à laquelle j'ai pensé (oh mon dieu c'est horrible et naze), a été: 

"ils vont me passer à la trappe, ils vont s'occuper des petites jeunes, et ils vont m'oublier!" 

J'aurais trouvé cela logique si c'était arrivé mais je l'aurais très très très très très très mal vécu. Je ne parle pas du CPE qui m'a été d'une grande aide l'an passé et dont seule la présence a apaisé pas mal de grandes paniques. Quand il est là, je suis rassurée. C'est mon collègue chouchou. Et, à la rentrée (oh mon dieu quel déballage), j'ai eu aussi eu très peur qu'il me zappe pour justement appuyer ces petites jeunes. J'ai honte d'écrire cela mais j'ai aussi très honte de l'avoir pensé. On dirait que je suis une mégalo qui veut à tout prix l'exclusivité. Ce n'est pas de la jalousie car j'estime qu'on a tous une place. Disons que c'est juste une peur incommensurable d'être abandonnée. 

A dire vrai, personne ne m'a reléguée au second plan au profit des petites jeunes. Il n'en est absolument rien mais je complexe un peu car ces jeunes collègues (qui ont entre 21 et 25 ans) semblent se débrouiller comme des chefs, paraissent sûres d'elles, avec un p***** d'aplomb. Et moi, j'en ai 30, et je suis toujours aussi gauche et mal assurée, tétanisée au moindre faux pas. 
Je ne sais pas ce que je préfère en fait... Me donner des airs de guerrière (c'est ainsi que m'appellent mes ami(e)s) ou rester coincée derrière cette image de gamine apeurée? 

Mes collègues sont bienveillants, rassurants et je sens qu'ils me parlent avec précaution (comme si j'allais m'effondrer d'une seconde à l'autre). Il y a quelques années, je n'aurais pas apprécié. D'ordinaire, je n'aime pas montrer mes failles, je suis censée ne pas faiblir et surtout ne jamais rien montrer. La vingtenaire que j'étais aurait sûrement très envie de mettre des baffes à la trentenaire que je suis devenue mais je m'en fiche. J'ai toujours affiché mon indépendance, et porté ma dureté en bandoulière et aujourd'hui, j'ai l'impression qu'au boulot, on me prend  moins pour un roc que pour une blondinette fébrile
Ces personnes sont gentilles avec moi et parfois protectrices... et bien je prends!

Les gens n'ont pas toujours été tendres avec moi. J'ai pris pas mal de coups, vécu quelques mésaventures, subi certains traumatismes. Alors aujourd'hui, je saisis les mains tendues. On m'a bousillée, brisée alors je ne vais sûrement pas craché sur la réparation qu'ils m'offrent chaque jour.

Je n'ai pas cours le vendredi après-midi mais une réunion, aujourd'hui, a été placée en fin de journée. D'ordinaire, je me serais enfuie pendant ce laps de temps. Aujourd'hui, je suis restée parce que j'avais très envie de me retrouver parmi eux. J'adore la solitude mais aujourd'hui j'ai senti que j'avais besoin de leur compagnie. 

Je leur suis très reconnaissante de prendre le relais de ce blog.
Je leur suis reconnaissante de me soigner/guérie chaque jour un peu plus
J'ai besoin de leur présence comme j'ai eu besoin de ce blog pendant ces deux années. 
Je leur dis "merci" tous les jours. Je suppose qu'ils entendent "merci pour l'aide/merci pour la séance que tu m'a envoyée/ merci pour tel service"
En réalité, je leur dis "merci d'être là. Merci de me réparer. Merci pour tout." 

Ils m'offrent ce que ce blog m'a donné durant ces deux ans: un équilibre, un moyen d'être bien, une façon d'aller mieux.

Je crois que je vais fermer la boutique pour un temps peut-être. Définitivement? C'est possible. Je laisse ouvert ce blog car je ne veux pas supprimer ces deux ans de blogo-littératuro-psychanalyse. C'était important pour moi. Et j'ose espérer que les articles purement littéraires étaient plutôt bons.
Je ne ferme pas définitivement cette porte pour pouvoir me laisser la possibilité de revenir. Je sais que Sabeli et son Âme graphique reprennent du service jeudi prochain et que j'ai très envie de participer à ce "regard". J'adore rédiger les "Moi après mois". A voir.

J'ai lu quelques Delerm, j'ai commencé le quatrième tome de Millénium mais l'envie de parler de ces bouquins ne me mène plus comme cela a été le cas pendant ces deux dernières années.
Je laisse cette porte entrouverte au cas où je me ferais vilipender par mes collègues ou en cas de baisse de moral, ou bien de rebondissement d'ans l'affaire "Vincent Delerm", ou encore si l'envie de parler d'un livre me vient et me tient. Pour l'instant, l'important est ailleurs.



dimanche 16 novembre 2014

Probablement... Vincent Delerm.

J'ai acheté dernièrement le livre de Vincent Delerm: Probablement. Sur un arrière-fond de foire, de fête foraine, Vincent Delerm prend des photos de tout ce qu'il voit et imagine une vie derrière ces objets ou commente de façon lapidaire ses clichés. De page en page, on a affaire à des remarques tantôt cyniques, tantôt mélancoliques, soit assez drôles, soit vraiment amusantes. Probablement, certains diront: "il ne s'est pas foulé", et probablement d'autres (et je fais partie de ceux-là) penseront que le parti pris de chaque photo et de chaque texte est vraiment sympa. 






Probablement, ces outils de technologie appartiennent à une fille.

 Probablement, il est 11h02 et la propriétaire est fan de Vincent Delerm. Probablement, il y a une explication moins rationnelle, plus profonde au fait d'avoir choisi la photo ce chanteur en fond d'écran.







 Probablement, le café devait être trop chaud pour être consommé immédiatement.





 Probablement, nous avons affaire à une lectrice compulsive, fan de Vincent Delerm et friande de yaourt à la grecque à la noix de coco qui considère probablement les dates de péremption comme des illustrations chiffrées décoratives...
 Probablement un enfant est passé par là... Ou une trentenaire qui s'est probablement sentie coupable.







 Probablement, il y a du chagrin dans l'air... Ou probablement, n'est-ce qu'un rhume.


Probablement, le mouchoir a permis a estompé la minuscule hémorragie buccale due à une auto-morsure suite à la dévoration d'un Déli-choc. Probablement, la blessée a encore mal. Probablement, l'automordue s'est auto-insultée pendant de longues minutes.